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Reneé PR et le piège du storytelling pour la tech africaine

July 6, 2026 by
Madson Kurtis
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Reneé PR se lance pour "amplifier la notoriété des fondateurs et startups tech africains grâce au storytelling". Sur le papier, c'est une bonne nouvelle. Dans les faits, c'est le symptôme d'un problème que personne n'ose nommer frontalement : la tech africaine lève des millions, construit des produits qui tournent sur tout un continent, et reste quasi invisible en dehors d'un petit cercle d'initiés. Une agence de plus qui promet de "raconter votre histoire" ne résout pas ça. Elle la déplace.

Je ne dis pas que Reneé PR se plante. Je dis que si tu es fondateur et que tu penses qu'une agence PR va régler ton problème de visibilité, tu te trompes de outil. Et ça vaut pour n'importe quel entrepreneur, pas que les startups africaines.

Le vrai problème que personne ne nomme

Des boîtes africaines lèvent des dizaines de millions, deviennent rentables, embauchent des centaines de personnes — et le grand public occidental (et parfois local) ne connaît que trois noms qu'il a vus une fois dans un article. Pourquoi ? Parce que la couverture média classique fonctionne par pics : un tour de table, un lancement, un article TechCrunch ou TechCabal, puis silence pendant six mois. Entre deux pics, il ne se passe rien dans la tête du public. La marque redevient invisible.

Ce n'est pas un problème de talent ni de produit. C'est un problème de rythme. Et une agence PR, aussi bonne soit-elle, est structurellement conçue pour produire des pics, pas du rythme.

Pourquoi le storytelling "classique" ne suffit pas

La dépendance à l'agence

Le deal PR traditionnel, c'est : tu payes, l'agence appelle ses contacts journalistes, tu obtiens un article. Le jour où tu arrêtes de payer, l'article n'existe plus dans ton pipeline. Tu n'as rien construit qui t'appartient — ni audience, ni base email, ni contenu qui continue de tourner sans toi. Tu as loué de la visibilité, tu ne l'as pas possédée.

Le problème du "coup unique"

Un article, même excellent, dans un média de référence, génère un pic de trafic pendant 48 heures et disparaît de l'algorithme derrière. Si ton fondateur ne poste rien entre deux articles, le narratif que la presse a construit sur lui s'évapore. Le public a la mémoire d'un poisson rouge. Ce qui reste, c'est ce qui est répété, pas ce qui est bien écrit.

Ce qui marche vraiment : posséder son narratif

La vraie stratégie de storytelling pour un fondateur — africain ou pas — ce n'est pas d'attendre qu'un journaliste raconte son histoire. C'est de la raconter lui-même, en continu, sur ses propres canaux, et de laisser la presse venir amplifier ce qui existe déjà.

Contenu founder-led, pas communiqué de presse

Les fondateurs qui percent aujourd'hui — sur LinkedIn, sur X, en newsletter, en podcast — ne racontent pas "on a levé 10 millions". Ils racontent le chemin : les refus des investisseurs, le mois où la paie n'est pas passée, la décision produit qui a tout changé, le client qui a failli tout claquer. C'est ce contenu-là qui fait qu'un inconnu devient une référence dans sa tête, avant même qu'un journaliste ne s'y intéresse.

La presse comme amplificateur, pas comme fondation

Une fois que le fondateur a déjà une voix, une audience, un narratif cohérent construit sur la durée, le PR devient un levier puissant. L'article TechCabal ou TechCrunch arrive sur un terrain déjà préparé : il confirme une histoire que les gens suivent déjà, au lieu de créer une histoire à partir de rien qui s'éteint aussitôt publiée.

Le move intelligent pour un fondateur

  • Publier avant d'être invité. Ne pas attendre la légitimité d'un média pour commencer à raconter son parcours.
  • Construire un actif qu'on possède — newsletter, chaîne, blog — plutôt que de louer de l'attention à chaque campagne.
  • Utiliser la PR comme accélérateur ponctuel, pas comme stratégie de fond.
  • Être cohérent plutôt que spectaculaire. Un post par semaine pendant deux ans bat un coup médiatique isolé.

Reneé PR peut très bien réussir sa mission. Mais les fondateurs qui vont vraiment percer sont ceux qui ne vont pas se reposer sur elle. Ils vont construire leur propre machine à raconter, et laisser la presse s'y greffer — pas l'inverse.

Ce que ça change pour toi, maintenant

Que tu sois fondateur tech à Lagos, à Dakar ou à Paris, la leçon est la même : la visibilité qui compte est celle que tu construis toi-même, semaine après semaine, pas celle qu'on t'accorde une fois. Le storytelling n'est pas un service qu'on achète. C'est une discipline qu'on pratique.

Si ton problème c'est "personne ne connaît ma boîte alors qu'on a un produit solide", le sujet n'est pas de trouver la bonne agence PR. Le sujet, c'est de construire ta propre stack de contenu — celle qui tourne sans dépendre d'un journaliste qui a bien voulu répondre à ton mail. Chez Madson Kurtis, c'est exactement ce qu'on construit avec les fondateurs : un narratif qui t'appartient, qui compound dans le temps, et qui rend chaque coup de pub — presse ou pas — dix fois plus efficace. Si tu veux qu'on regarde ensemble comment structurer ça pour ta boîte, viens en discuter.

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